Poète public

Poème écrit sur un trottoir

Libre est la race des poètes.

Démosthène

Quand on décide de rendre la poésie accessible à tous, là, sur le bord d’un trottoir, au milieu de la ville… alors, oui… J’adhère à 2000 % et je n’ai qu’une envie : TESTER !

Comment l’ai-je déniché ce poète ? Aurais-je épluché les journaux, les idées de sorties, arpenté les rues de Montréal pour le trouver ? Eh bien non… Il est venu à moi tout simplement, au détour d’une rue, lors d’une simple promenade près du Carré St Louis, à Montréal.

Poète aux allures de dandy, le voilà qui pianote sur sa vieille machine à écrire. Les mots se succèdent doucement. Le cliquetic des touches se noie parmi les bruits de la ville, le chant des oiseaux, les conversations des passants. Pause. Réflexion. Après avoir tiré une longue bouffée de sa cigarette, le voici qui reprend son écriture.

«Depuis que je sais écrire je pense que j’écris de la poésie. Elle redonne de la liberté autant aux gens qu’aux mots. Je le fais spécialement dans la rue parce que pour moi c’est quelque chose qui se passe avec les gens : dans ce monde où l’information va si vite, c’est important de prendre le temps de les rencontrer.»

Oiseau farfelu au milieu de Montréal

Avant d’oser m’en approcher, j’ai longtemps observé de loin cet oiseau farfelu. Discourant avec les passants, rêvassant, pianotant… il fait tâche dans le décor, et puis finalement s’y fonde complètement.

Voilà une jeune femme qui revient chercher son poème. Elle s’est laissée tenter par l’expérience en début de soirée. A passé sa commande. 15 minutes plus tard, c’est prêt !

A mon tour, je m’avance. A moi de décider ce que je souhaite. Soit j’opte pour le « poème du moment », soit je propose quelques mots qui serviront de trame au poème. Soit je raconte une histoire qui servira d’inspiration. J’opte pour la seconde option.

Je quitte les lieux laissant l’artiste à son travail. J’ai hâte de découvrir le résultat de cette composition surréaliste et inattendue.

Un défi d’écriture

De retour sur la rue Prince Arthur, je m’approche. Mon poème est-il prêt ? 15 minutes auront-elles suffit ? Le défi me semble incroyable à réaliser plusieurs jours d’affilée et sur des thèmes aussi variés… et pourtant : l’œuvre est là.

Je glisse un œil sur le papier. Je découvre doucement les mots sortis de l’imagination de ce poète public sur la trame des mots lancés quelques temps plus tôt : geai bleu, cité Maya, Nantes, Mémoire & Racines…

C’est unique. L’auteur. L’œuvre. L’histoire.

Comment le remercier ?

Il n’y a pas de prix. C’est moi qui décide : cadeau, invitation, contribution volontaire. Je fouille dans mes poches, et quelques pièces roulent sur le bureau improvisé.

Le coeur léger, le sourire aux lettres, je me dis que le partage, il n’y a que ça de vrai !

Poème partagé

Amis lecteurs, je vous fais désormais partager le poème rédigé au carré St Louis en ce 27 Août 2016 :

Le bleuté du geai aux cordes d’un violon
Dans les notes pyramidales qui s’imbriquent aux racines
T’érige une cité de ciel
Aux accents du soleil

Dans ta mémoire du temps qui passe
Les souvenirs s’alphabétisent du visage de tes dieux
L’Univers s’écoule dans ta musique d’Amérique
Qui s’accorde aux concerts du passé

Dans les secrets de ta ville
L’oiseau reniche immanquablement
Saison après saison ses sons
Font revivre les civilisations

Liens

En écrivant cet article, je me suis dis qu’à défaut de me rappeler du nom de ce poète, j’arriverais peut-être à en retrouver la trace sur le net…

Voici l’article que j’ai trouvé et que je vous invite à découvrir :

http://www.journaldemontreal.com/2016/08/02/un-poete-public-en-ville

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